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Le Saint Jean-Baptiste de Léonard de Vinci restauré au C2RMF

Analyses et restauration

Le Saint Jean-Baptiste de Léonard de Vinci restauré au C2RMF

Le Saint Jean-Baptiste de Léonard de Vinci restauré au C2RMF

Publié le 02 Février 2017
Le Saint Jean-Baptiste de Léonard de Vinci est resté dix mois au C2RMF : imagerie scientifique, analyses scientifiques et restauration

Après dix mois de restauration au C2RMF, le Saint Jean-Baptiste de Léonard de Vinci a retrouvé sa place dans les salles du Louvre. L’objectif de ce séjour dans les ateliers de Flore était d’améliorer la lisibilité de l’oeuvre, fortement entravée par dix-sept couches de vernis très oxydé (voir la photo avant intervention ci-contre). L’amincissement de ce vernis, d’une épaisseur totale d’environ 100 micromètres, a été l’un des principaux enjeux de cette restauration.

 

L’épaisseur des vernis a été mesurée tout au long du travail de la restauratrice Régina Moreira qui les a très progressivement amincis. Une fine couche de vernis a néanmoins été conservée pour ne pas toucher aux glacis ni à la couche picturale originale. Au cours de cette opération, la restauratrice a pu enlever des repeints anciens désaccordés, notamment dans les bras et le torse ainsi que dans le fond. La peau de bête et la chevelure bouclée du saint sont ainsi devenues beaucoup plus visibles qu’auparavant.

 

 

Le tableau a aussi fait l’objet d’analyses qui ont permis d’aller plus avant dans la compréhension de la technique de Léonard. La radiographie a ainsi révélé les repentirs du peintre dans la position du bras du saint. Le tracé de la chevelure ou encore le dessin de la peau de bête sont d’une précision et d’une finesse extrêmes, comme le montre la réflectographie infrarouge.

 

Le ton général de l’œuvre, dans les camaïeux de jaune et de brun est obtenu par une palette de pigments très restreinte, témoignant d’une économie de moyens tout à fait remarquable. Si les couches profondes de la carnation ont une tonalité rosée due à la présence d’un peu de vermillon mêlé à du blanc de plomb, la tonalité finale est donnée par l’application de fines couches de glacis très légèrement pigmentés. L’emploi d’huile et de résines aujourd’hui oxydées laissent une tonalité jaune à l’ensemble de l’œuvre. Les ombres brunes du corps ainsi que le fond sombre sont colorés principalement par du noir de carbone et de très rares grains rouges ou jaunes. Particulièrement intéressante est l’utilisation abondante de grains de verre broyé incolore dans toutes les couches sombres du panneau. Ce verre, parfois employé pour son action siccative dans des laques rouges n'avait jamais été observé pour une utilisation aussi étendue dans des œuvres de Léonard de Vinci.

La radiographie frappe par sa faible lisibilité qui est caractéristique de la technique de Léonard de Vinci avec des formes fantomatiques et floues. La présence d’un badigeon au revers accroît la difficulté de lecture tout en révélant la marque de la collection de Charles Ier d’Angleterre.