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Mobilier XVIII ème : une restauration de grande ampleur pour les nouvelles salles du Louvre

Mobilier XVIII ème : une restauration de grande ampleur pour les nouvelles salles du Louvre

Mobilier XVIII ème : une restauration de grande ampleur pour les nouvelles salles du Louvre

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UNE APPROCHE PLURIDISCIPLINAIRE POUR UNE RESTAURATION DE POINTE D'UN ENSEMBLE PATRIMONIAL DATANT DU XVIII ème SIÈCLE

 

Le réaménagement des salles consacrées au XVIIIe siècle au musée du Louvre a ouvert un vaste champ d’expertise au C2RMF sur le mobilier et les objets d’art. Ce type de programmation constitue toujours un cadre propice à la recherche : mené sur un corpus d’oeuvres conséquent, il permet de produire des synthèses concernant la connaissance des matériaux, leur évolution et les moyens de mieux les conserver et les restaurer.

Vingt et un agents du C2RMF issus du département Restauration et appuyés par les départements Recherche et Conservation préventive - restaurateurs, conservateurs, chimistes, physiciens, radiologues, photographes, documentalistes - ont ainsi été mobilisés afin de déterminer et mettre en oeuvre des protocoles de restauration.

Les procédés de restauration novateurs mis au point spécifiquement pour le mobilier Boulle ainsi que pour les boiseries de l’hôtel Le Bas de Montargis ont fait l’objet de publications dans la revue semestrielle du C2RMF, TECHNE, afin de diffuser l’information auprès des professionnels et contribuer ainsi à une meilleure préservation à long terme d’objets patrimoniaux.

Projet Boulle

Depuis 2008, en vue de la publication d’un catalogue raisonné de la collection du mobilier Boulle du musée du Louvre, un vaste programme de recherche interdisciplinaire a été mis en œuvre. En plus d’affiner la connaissance technique et historique de ce corpus, il s’agissait de mettre au point de nouveaux protocoles de restauration. Plusieurs meubles et lustres « Boulle » ont été restaurés de manière fondamentale par l’équipe de restaurateurs de la filière Arts décoratifs du département Restauration. Ils sont exposés dans les nouvelles salles. Ces objets de grande valeur ont été largement restaurés, réparés, voire remaniés au cours des décennies. Les compétences de restaurateurs de différentes spécialités sont indispensables pour intervenir sur ces œuvres constituées de matériaux divers (bois de différentes essences, laiton, étain, bronze doré, écaille de tortue et corne).

 

 

 

 

Les principales problématiques de conservation rencontrées sur le mobilier Boulle ont induit les trois axes majeurs du programme de recherche mené sur plusieurs années. Les marqueteries Boulle sont sujettes aux soulèvements, l’adhérence du laiton sur le bois posant particulièrement problème : des recherches entreprises sur les colles ont permis de proposer nouveaux produits et méthodes d’application. Par ailleurs, les parties métalliques des marqueteries, en laiton et étain, sont le plus souvent ternies et corrodées : afin de ne pas utiliser les traditionnelles méthodes de nettoyage trop abrasives, un nouveau protocole à base de colle de nerf a été développé, permettant de désoxyder le métal sans endommager les gravures préservées. Enfin, une attention particulière a été portée à la question des protections de surface, vernis et cires servant à protéger les matériaux tout en révélant les contrastes esthétiques.

L’armoire OA 5441, le régulateur OA 6746 et le lustre OA 10513 sont trois des œuvres majeures concernées par ces recherches appliquées à la restauration.

 

ARMOIRE BOULLE

 

v. 1710

 

Cette armoire provient du Grand Cabinet de Thierry de Ville d'Avray, intendant général des meubles de la Couronne. Les deux vantaux principaux sont recouverts de marqueterie Boulle et de bronzes dorés. En revanche, le piétement disparu a été remplacé par une plinthe plaquée d’ébène et de laiton, qui porte l’estampille de l'ébéniste Jean-Henri Riesener : la mise au jour de cette marque renforce la connaissance historique et technique de l’œuvre, retravaillée dès la fin du XVIIIe siècle.

 

RÉGULATEUR BOULLE

 

 

v. 1720

 

Cette horloge a été exécutée pour le comte de Toulouse, fils naturel de Louis XIV et de la marquise de Montespan. Le terme de régulateur était utilisé à la fin du XVIIIe et au XIXe siècle pour désigner une horloge destinée à donner une heure de référence, permettant de régler d'autres montres ou pendules.

 

LUSTRE AUX DAUPHINS

 

 

v. 1700-1710

 

La restauration de plusieurs lustres et bras de lumière dits « Boulle » a fourni l’occasion d’étudier cette production de manière détaillée et d’en approfondir la connaissance technique. Les procédés de fabrication ainsi que les systèmes de fixation et d'assemblage ont été minutieusement référencés. La restauration de la surface encrassée a été effectuée au générateur de vapeur, tandis que toutes les parties internes ont été stabilisées et protégées.

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LUSTRE AUX DAUPHINS

 

v. 1700-1710

La restauration de plusieurs lustres et bras de lumière dits « Boulle » a fourni l’occasion d’étudier cette production de manière détaillée et d’en approfondir la connaissance technique. Les procédés de fabrication ainsi que les systèmes de fixation et d'assemblage ont été minutieusement référencés. La restauration de la surface encrassée a été effectuée au générateur de vapeur, tandis que toutes les parties internes ont été stabilisées et protégées.

Projet Boulle
Table à écrire à pupitre de Weisweiler

WEISWEILER Adam (1744-1820)

v.1784

Livrée à Marie Antoinette en 1784 pour le cabinet intérieur à Saint-Cloud, estampillée Adam Weisweiller, cette pièce unique est à nouveau visible dans les salles, protégée et valorisée par une vitrine à l’éclairage subtil. Bronzes dorés, bois d’ébène, laque du Japon et laque européenne, ainsi qu’une étonnante marqueterie en damier pour les tiroirs et des plaques en acier composent ce petit meuble. Le bon état de conservation de l’oeuvre n’imposait pas une restauration fondamentale, mais un travail de nettoyage et d’harmonisation entre l’éclat des bronzes dorés et les poudres d’or des laques.

Table à écrire à pupitre de Weisweiler
Hôtel Le Bas de Montargis : Trumeau de glace

v. 1700-1705

Une partie de ces boiseries avait été déjà restaurée à l’occasion de la présentation de 1962 dans les anciennes salles du musée du Louvre. Un trumeau conservé en réserves était en revanche couvert d’une épaisse peinture marron datant du XIXe siècle. L’ensemble était donc dans un état très hétérogène. Les coupes stratigraphiques ont révélé que, sous la couche de peinture marron, et sous d’autres couches de peinture plus anciennes, la dorure du XVIIIe siècle était encore présente sur le trumeau.

Hôtel Le Bas de Montargis : Trumeau de glace
Console au Dragon

v. 1740

Cette console a fait l’objet d’une restauration fondamentale : une intervention en menuiserie a permis de stabiliser la structure, tandis que les éléments sculptés en bois doré ont été en partie réintégrés, maquillés et harmonisés. La console présentait en effet d’importantes lacunes, qui ont été rétablies par la reconstitution minutieuse des éléments décoratifs par des modelages en résine, dorés et patinés. Les zones usées ont été maquillées au moyen de substituts à la feuille d’or tels que l’aquarelle et les poudres de mica, afin de redonner au meuble une harmonie de surface.

Console au Dragon