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Peindre et repeindre dans l'Antiquité : le cas de la Tanagra dite "Ménade Baillehache" (v. 330-300 av. J.-C.)

Peindre et repeindre dans l'Antiquité : le cas de la Tanagra dite "Ménade Baillehache" (v. 330-300 av. J.-C.)

Peindre et repeindre dans l'Antiquité : le cas de la Tanagra dite "Ménade Baillehache" (v. 330-300 av. J.-C.)

13 avril 2016
Musée du Louvre, Grand Auditorium
Musée du Louvre
75001 Paris
Tout public
L'Œuvre en scène présentée par Violaine Jeammet, conservateur en chef au département des antiquités grecques, étrusques et romaines du musée du Louvre, et Brigitte Bourgeois, conservateur général au C2RMF

La polychromie antique revient sur le devant de la scène depuis quelques années. Etudiée d’une manière interdisciplinaire croisant sciences humaines et sciences des matériaux du patrimoine, elle renouvelle notre approche des œuvres et dévoile un pan de leur histoire matérielle encore largement inexploré, celui de leur conservation et de leur restauration dans l’Antiquité. Pour durer, la couleur devait en effet être entretenue et renouvelée au cours du temps.

 

Souvent laissées de côté par la recherche moderne en raison de la modestie du médium, les figurines en terre cuite sont pourtant par leur remarquable état de conservation, bien supérieur à celui des marbres, et par la qualité parfois exceptionnelle de leur mise en peinture, des témoins de premier ordre. On en fournira pour preuve le dossier de deux figurines de Ménades datant du début de l'époque hellénistique, provenant des fouilles de Tanagra (Béotie) et apparentées par le type iconographique et pictural.

La première (cf. photo ci-contre), la Ménade au tympanon (inv. CA 3462) présente un seul état de polychromie antique tandis que la seconde, dite "Dame Baillehache" (inv. CA 2552), a fait l'objet de remaniements.
Dans ce second cas, l’étude approfondie de la surface en microscopie numérique 3D éclaire l’existence de trois états successifs de polychromie, comportant des jeux d’ombre et de lumière, ainsi qu’un rare témoignage de re-dorure antique. Il y a plus : on a pu démontrer que le repeint venait ici réparer un accident de la forme plastique. Ces observations tout comme les nouvelles pistes qu’elles ouvrent permettent de proposer aujourd’hui une vision renouvelée des pratiques picturales des artisans de l’Antiquité. Elles sont aussi l’occasion de réfléchir au statut et à la fonction qu’une telle œuvre pouvait avoir dans la Grèce de l’époque hellénistique.