Céramiques de la Renaissance française : Palissy et ses suiveurs

Les fouilles du Grand Louvre et celles du début du siècle ont permis de mettre au jour l’atelier de Palissy lorsqu’il était à Paris à la demande de Catherine de Médicis. Les milliers de fragments de céramiques (briques, carreaux, fragments de décors glaçurés), les vaisselles en terre cuite glaçurée, le matériel technique (albarelles, moules en plâtre, casettes, etc.), les objets associés (vaisselles communes, verres, etc.) offrent l’opportunité unique de caractériser la production authentique de ce maître de la Renaissance. Terres, glaçures, plâtres sont des témoins des recherches et des expérimentations inlassablement menées par Palissy ; une analyse de la matière à différents niveaux d’investigation, est nécessaire pour tenter de retrouver les secrets de création. Cette approche nécessite des protocoles d’analyses multiples et adaptés à des matériaux complexes, terres mêlées, glaçures mixtes. Une part importante du travail concerne la recherche des sources potentielles des matières premières utilisées par Palissy et des expérimentations multiples pour tenter de valider les hypothèses des techniques mises en œuvre.

Les résultats obtenus sont dans tous les cas confrontés aux écrits de Palissy. La production de Rustiques Figulines a été admirée, copiée, imitée jusqu’à nos jours et de nombreuses œuvres sont attribuées à Palissy, à son atelier ou plus vaguement à son école. L’étude des matériaux constitutifs des pièces sert donc à mettre en évidence des critères d’attribution et d’authentification permettant ainsi de classer les œuvres, de les rattacher à telle ou telle production, éventuellement de proposer une période de création. Les premiers résultats montrent que les compositions chimiques des glaçures sont assez banales, mais la présence d’éléments tels que le bore semble être un critère de différenciation des œuvres palisséeennes stricto sensu de pièces plus tardives. Toutes ces recherches nécessitent des méthodes d’analyses entièrement non destructives pour des plats et des vaisselles le plus souvent en parfait état de conservation.

Ce programme s’inscrit dans les thématiques de recherche de l’équipe Physicochimie des Matériaux Témoins de l’Histoire (PCMTH) de l’UMR 8247 de l’Institut de Recherche de Chimie Paristech (IRCP).

Partenaires extérieurs : Musée national de la Renaissance d’Écouen (Thierry Crépin-Leblond, Aurélie Gerbier), Musée du Louvre (département des objets d'art, Françoise Barbe), Musée du Louvre (département des antiquités orientales, Marielle Pic), Cité de la céramique – Sèvres (Laurence Tillard), Université de Cleveland (Arthur Heuer), Musée des Beaux-Arts de Cleveland, restauratrices (J. Dupin, Béatrice Beillard, Odile Leconte, J.C. Plaziat).

Pilote C2RMF du projet : Anne Bouquillon
Partenaires C2RMF : Patrice Lehuédé, Yvan Coquinot, Christel Doublet, Laurent Pichon, Brice Moignard, Jacques Castaing, Joëlle Cretin, Gilles Wallez, Daniel Caurant, Odile Majerus.