Les cuivres émaillés, dits vénitiens, de la Renaissance

Les cuivres émaillés et dorés représentent, au sein des arts décoratifs de la Renaissance italienne, une production relativement modeste (moins de trois cent objets sont parvenus jusqu’à nous) mais très raffinée, traditionnellement attribuée à Venise. Le métal, qui donne sa forme à l’objet, sert de support à un décor richement coloré formé de plusieurs couches d’émail. La dorure joue un rôle important dans ce décor. La majorité des pièces conservées forme une vaisselle principalement composée de coupes, parfois couvertes, d’assiettes, de plats, de salières, d’aiguières et de gourdes. D’autres types d’objets existent toutefois, comme des coffrets, des flambeaux et des chandeliers, ou encore un miroir ; quelques baisers de paix, des burettes, des reliquaires ou ostensoirs attestent également un usage religieux.

Depuis le milieu du XIXe siècle, cette production est considérée comme vénitienne, par rapprochement avec les verres émaillés fabriqués à Murano. Les archives semblent muettes à son sujet et d’autres hypothèses ont récemment été avancées (Lombardie ?) ou sont encore à explorer. Diverses hypothèses ont également été formulées sur l’usage et la clientèle à laquelle ces œuvres étaient destinées. Elle s’inscrit sans doute dans la tradition de l’orfèvrerie émaillée attestée à Venise, mais également à Florence, dans la seconde moitié du XVe siècle.

Admirés et collectionnés au XIXe siècle, période à laquelle se forme la collection du Louvre, ces objets tombent ensuite dans l’oubli. Un projet interdisciplinaire, lancé en 2012 par le département des Objets d’art, en partenariat avec le C2RMF et la Fondation Giorgio Cini de Venise, se donne pour objectif de mieux connaître ces œuvres remarquables tant du point de vue des techniques de fabrication, des formes et des ornements, que de leur contexte de création culturel et social.

Pilote C2RMF : Isabelle Biron
Partenaires C2RMF : Elsa Lambert, Quentin Lemasson, Anne Maigret, Jean Marsac, Brice Moignard, Claire Pacheco, Laurent Pichon

Partenaires extérieurs : Musée du Louvre (DOA, Françoise Barbe), Musée national du Moyen Age et des Thermes de Cluny, Fondation Cini (Venise), Laboratorio di Analisi dei Materiali Antichi (LAMA - Università IUAV, Venise)

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