De 1968 à 1994

Deux étages sont consacrés à la photographie scientifique et aux analyses physico-chimiques. L’équipe est composée de seize personnes : conservateurs, chimistes, physiciens.
Une section de physique, avec un appareillage équivalent à ceux des laboratoires étrangers, est créée avec la spectrographie infrarouge, la chromatographie en phase gazeuse ainsi que la diffraction de rayons X ; des scientifiques sont recrutés pour exploiter ce matériel et mettre ces recherches au service de la connaissance des œuvres.

Décidé par Jean Chatelain, directeur des musées de France et approuvé par le ministre des Affaires culturelles, André Malraux qui soutient depuis longtemps l’action de “La science au service de l’art” l’aménagement de l’aile de Flore va permettre au laboratoire de recherche des musées de France, de déployer ses activités à partir du 1er janvier 1968 dans les espaces plus confortables sur trois niveaux.

Le 4 décembre 1977, la décentralisation mise en œuvre avec le labobus, permet d’analyser sur place en province, les œuvres dans les musées. La première mission a lieu à Strasbourg. En direct , sous les yeux du  public, des œuvres des primitifs alsaciens sont radiographiées, la polychromie des statues de la cathédrale est étudiée et  des bronzes gaulois analysés. Souhaitant faire participer les conservateurs des collections aux investigations sur les œuvres  dont ils ont la responsabilité, le laboratoire entend également renforcer son rôle pédagogique auprès du public. Ainsi l’aventure du labobus, s’inscrit-elle à la suite des publications, expositions et enseignement.

L’exposition La vie mystérieuse des chefs-d’œuvre en 1980, placée sous le double patronage du ministère de la culture et de le communication et du secrétariat d’Etat chargée de la recherche, retrace près de cinquante ans de la science au service de l’art. Présentée par matériau, métal, pierre et vitrail, céramique, bois, textile, l’exposition permet de montrer la contribution des sciences physico-chimiques et naturelles appliquées à l’approche de l’œuvre d’art par son histoire, sa technologie et sa conservation. La préhistoire et l’informatique constituent des sections indépendantes. La reconstitution de la grotte de Lascaux est une démonstration de cette contribution à la conservation du patrimoine.
Dernière exposition de Magdeleine Hours , son succès couronne cette vie passée au service du laboratoire.

Entre 1982 et 1991, sous la direction de Jack Ligot, ancien directeur de la mission de la recherche et de la technologie au ministère de la Culture, deux opérations sont menées : l’implantation de l’Accélérateur Grand Louvre d’Analyse Elémentaire (Aglaé) et l’étude de nouveaux locaux dans le cadre du Grand Louvre.

Long de 26 mètres, pesant 10 tonnes, développant une énergie de 2 millions de volts pour propulser des noyaux d’atomes à la vitesse de 50 000 km/s, il prend place dans une coque de béton protégée, dans les sous-sols du Carrousel. Il sera le point de départ à l’emplacement du nouveau laboratoire, qui, du sommet du pavillon de Flore va rejoindre les souterrains ; là au moment des fouilles y découvre les vestiges des fours utilisés par Bernard Palissy.

Il revient à Maurice Bernard, directeur du laboratoire entre 1991 et 1994, de renouer avec la tradition éditoriale de Madeleine Hours en lançant la revue Technè dont le premier numéro, consacré à Nicolas Poussin, date de 1994.

En effet , le Bulletin devenu, en 1970 Annales du laboratoire des musées de France, avait paru pour la dernière fois en 1982. Technè, qui en grec désigne la capacité de l’homme à façonner un objet ou un outil par la maîtrise d’une technique, se veut une tribune où puisse se raconter les histoires des œuvres, celle de l’artiste, de sa technique, de son époque et celle du temps qui dénature.
La pluridisciplinarité préside aux sommaires de cette publication semestrielle.