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Verres émaillés vénitiens de la Renaissance

Par leurs qualités visuelles remarquables et leur exceptionnel état de conservation, les verres vénitiens à décor émaillé et doré de la Renaissance comptent parmi les arts décoratifs les plus appréciés du XIXe siècle à nos jours - témoignage de l’essor exceptionnel de la production de verre à Venise dans la seconde moitié du XVe et au XVIe siècle. Si, depuis le milieu du XIXe siècle, ils sont massivement attribués à Venise, il apparaît que la production vénitienne, connaissant un immense succès européen, a été rapidement imitée par de nombreux autres centres verriers (Tyrol, Autriche, Bohême, Pays-Bas, etc.) et sur une vaste période chronologique (XVIe – XVIIIe s.) – on désigne cette production par l’expression « Façon de Venise ». En outre, les spécialistes s’accordent à penser qu’un certain nombre de pièces sont également des copies ou des faux fabriqués au XIXe siècle, en raison de la grande valeur accordée à ces œuvres par les collectionneurs.
L’objectif de cette recherche est de définir des critères analytiques, voire techniques, permettant de distinguer les productions d’origine vénitienne de celles réalisées à la « Façon de Venise » par l’étude du verre support et des émaux ainsi que des sources écrites. Un premier programme de recherche (PATRIMA CRISTALLO) a été mis en place pour l’étude de ces verres sous un angle résolument transdisciplinaire, associant les compétences de différents professionnels (physico-chimistes, conservateurs, restaurateurs, historiens, archéologues, etc.). En effet, il s’attache non seulement à la caractérisation physico-chimique du matériau verre/émail, à la constitution et à l’étude typologique, historique et stylistique d’un corpus des œuvres conservées en collection publique et privée, mais plus largement à l’usage culturel et social de cette production réservée aux élites de la Renaissance, ainsi qu’au collectionnisme et à l’histoire du goût qui expliquent leur présence massive dans les musées depuis le XIXe siècle.

Au total, soixante-treize œuvres de collection (principalement française et italienne pour quelques-unes) et vingt fragments archéologiques (Padoue et Grande Bretagne), ont servi à l’étude analytique menée grâce à l’accélérateur de particules AGLAE du C2RMF. Nous avons mis au point une méthodologie permettant de distinguer les objets vénitiens de la Renaissance de ceux réalisés en dehors de Venise d'après la composition chimique du verre-support des œuvres et des émaux.  Environ la moitié de ce corpus s'est révélé compatible avec les recettes vénitiennes de la Renaissance cristallo et vitrum blanchum. L'autre moitié incompatible avec ces recettes a été qualifiée de à la façon de Venise ou copie postérieure, ne pouvant pas dater plus précisément ces œuvres par le manque de données comparatives sur des productions de verres émaillés du XVIe au XIXe siècle.
 
Partenaires extérieurs : Musée du Louvre (DOA), Musée national de la Renaissance d'Ecouen, Musée des Arts Décoratifs (Paris), Petit Palais (Paris), Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, Cité de la Céramique-Sèvres, Ecole nationale des Chartes, University College London, Wallace Collection, British Museum, Victoria and Albert Museum (Londres), Metropolitan Museum (New-York), Laboratorio di Analisi dei Materiali Antichi (LAMA - Università IUAV, Venise), Corning Museum (USA), deux historiennes d’art spécialistes des verres vénitiens (Venise).

Pilote C2RMF du projet : Isabelle Biron, ingénieur de recherche dans le groupe Objet du département Recherche

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Emailler le verre à la Renaissance
Exposition du 13 octobre 2021 au 14 février 2022
colloque
En ligne : Le Centre de recherche et de restauration des musées de France, 20 ans déjà !

Colloque scientifique international à la Cité de l’architecture et du patrimoine