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Les Cornua de Pompéi

Etude d'un corpus d'instruments métalliques découverts à Pompéi

Les Cornua de Pompéi

Les Cornua de Pompéi

Cornua - Musée Archéologique de Naples
Publié le 31 Août 2015
Dans le cadre du programme de recherche "Paysages sonores et espaces urbains de la Méditerranée ancienne", le C2RMF participe actuellement à une étude portant sur les instruments de musique de l'Antiquité.

 

Dans le cadre du programme de recherche Paysages sonores et espaces urbains de la Méditerranée ancienne, le C2RMF participe actuellement à une étude portant sur les instruments de musique de l'Antiquité. Il s'agit notamment d'étudier le métal comme artefact producteur de son et de comprendre en quoi le bronze est devenu un matériau de choix pour la fabrique du sonore dans le monde antique. Le corpus sur lequel sont actuellement menés les examens se compose majoritairement d'objets issus des collections du Louvre (sistres, salpinx, cymbales, crotales et trompettes notamment). Un second lot se compose quant à lui d'objets découverts à Pompéi et aujourd'hui exposés au Musée Archéologique de Naples.

 

Une visite à Naples

 

Benoît Mille, chargé des études métallurgiques, et Margaux Tansu (ENSCR) se sont rendus à Naples début mars 2015 pour effectuer des mesures morphométriques sur cinq cornua et cinq paires de cymbales antiques. Ces examens doivent notamment permettre de réaliser des modélisations sonores en collaboration avec l'IRCAM (Institut de Recherche et de Coordination Acoustique/Musique) afin de déterminer le plus fidèlement possible les spécificités acoustiques de ces instruments. Plusieurs obstacles ont toutefois compliqué la tâche des chercheurs :

  • Les déformations subies par les tubes empêchent parfois de prendre des mesures exactes.
  • Il est difficile de définir avec précision la longueur d'un instrument : certains fragments sont manquants et il n'y aucune certitude quant à la manière dont ceux qui restent ont été disposés, s'ils font bien partie du même ensemble.
  • Les chercheurs n'ont aucune certitude non plus quant à la forme initiale des instruments (conicité, cylindricité, etc.). Beaucoup d'hypothèses restent à vérifier en vue d'une éventuelle modélisation.

Victor-Charles Mahillon, célèbre facteur d'instruments belge de la fin du XIXe siècle et fondateur du Musée instrumental du Conservatoire Royal de Belgique (désormais connu sous le nom du Musée des Instruments de Musique, à Bruxelles), avait quant à lui entrepris de reproduire l'une de ces cornua. L'une de ces copies se trouve aujourd'hui à la Cité de la Musique, à Paris. Après vérification des mesures, il s'avère que les hypothèses des chercheurs sont assez proches de celle du facteur royal.

 

Cornue antique - Musée d'archéologie de Naples
Embouchure d'une cornue découverte à Pompéi

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Examens et analyses des échantillons napolitains

 

La direction du musée archéologique de Naples a autorisé les prélèvements sur des fragments déjà détachés des cornua. Neuf
prélévements ont été rapportés au C2RMF pour en analyser la composition élémentaire par PIXE sur l'accélérateur AGLAE et pour étudier la technique de mise en forme des tubes par des examens métallographiques (microscopie optique et MEB). L'un des premiers objectifs, concernant les cornua, est de vérifier que les restaurations successives au cours du XXe siècle n'ont pas mélangé les fragments et que les assemblages sont corrects. L'état de corrosion et les indices que délivreront ces analyses permettront notamment de mieux apprécier l'histoire de l'instrument.

L'analyse des prélèvements napolitains est aujourd'hui achevée. Les chercheurs sont désormais dans la phase de vérification et d'interprétation des résultats. Le reste des instruments, principalement issus des collections du Louvre, doit désormais être examiné et analysé.

 

Margaux Tansu et Benoît Mille effectuent des prélévements sur les cornues, à Naples

Margaux Tansu lors des analyses au microscope électronique à balayage (MEB)