Art et science

Le développement des liens entre art et science

 

Depuis le début du XIXe siècle, des scientifiques cherchent à mettre les sciences exactes au service de la connaissance du patrimoine. À la fin de ce même siècle, apparaissent les premiers laboratoires attachés à des musées en Europe et aux États-Unis.

En France, dès la Révolution, l’organisation de la restauration au musée du Louvre fait dialoguer peintres et scientifiques.

 

La première guerre mondiale marque la première utilisation des radiographies sur des peintures. En 1931, un laboratoire ouvre ses portes au sein du Louvre, à proximité des ateliers de restauration.

Ces liens étroits entre moyens scientifiques et techniques d’une part et, d’autre part, restauration au service des collections caractérisent aujourd’hui encore le Centre de recherche et de restauration des musées de France. Ses activités se sont enrichies de l’apport d’une discipline supplémentaire créée dans les années 1950-1960 : la conservation-restauration.

 

Une interdisciplinarité nécessaire et féconde

 

Cette interdisciplinarité est fondamentale, tant l’apport des sciences exactes à la connaissance du patrimoine est lié au concours de la restauration et de l’histoire de l’art. Les travaux scientifiques sont guidés par l’observation de l’œuvre et sa contextualisation ; ils éclairent en retour la connaissance des œuvres et orientent les travaux des restaurateurs et historiens de l’art.

Les questions posées par la conservation et la restauration des œuvres contribuent aussi au perfectionnement des techniques (développement de méthodes d’analyse non invasives) et à des progrès scientifiques, notamment pour la mise au point de nouveaux matériaux résistants aux agressions du temps et de l’atmosphère.

 

À l’aide des moyens scientifiques et techniques dont il dispose, et grâce aux méthodes qu’il développe, le C2RMF approfondit ainsi la connaissance des œuvres au bénéfice de l’histoire de l’art et des civilisations.

 

Clin d’œil de l’histoire, le laboratoire du C2RMF est construit à l’emplacement du four de Bernard Palissy (v. 1510-1589/1590), qui a associé avec génie son talent de sculpteur et les recherches scientifiques de son temps.