Napoléon n’est plus ! C’est à l’occasion de cette exposition présentée au musée de l’Armée que 7 masques funéraires en plâtre ou en papier peint ont été étudiés. L’objectif était simple…sur le papier : identifier LE masque original, réalisé à partir de l’empreinte du visage de Napoléon à sa mort à Sainte Hélène, des tirages ultérieurs et établir une chronologie ou une filiation pour les autres. Les recherches se sont structurées autour de 3 axes :
- 1) les traces de fabrication étudiées avec S.Kessler, restauratrice spécialiste des moulages ;
- 2) l’imagerie fine : photographies en lumière naturelle, sous UV, radiographie, 3D ;
- 3) l’étude des matériaux constitutifs.
La sélection de ces 7 masques parmi la très longue liste des masques existants, a reposé sur la documentation et la recherche de provenance, qui ont permis de déterminer :
- Un exemplaire susceptible d’être sinon l’orignal (vraisemblablement détruit), du moins le plus proche de l’original (famille « Antommarchi ») ;
- D’autres masques, souvent sollicités par certains tenants de théories du complot (substitution, empoisonnement…), qui peuvent appartenir à la famille « Antommarchi » ou à d’autres types (Arnott-Pardée…).
Parmi l’ensemble étudié, deux masques très légers différent des autres, compte tenu de leur petite dimension et de la nature des matériaux identifiés. Il s’agit du masque ciré Arnott-Pardée et du masque vernis Borella, en papier mâché semble-t-il et peints. Ils s’accordent mal avec la représentation d’un homme adulte et sont bien issus d’une autre typologie de masques, dont la réalisation paraît éloignée d’un moulage sur nature.
C’est bien le masque en plâtre Antommarchi-Azémar du musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau qui a présenté le plus d’arguments convaincants pour être, peut-être pas l’original, mais du moins un tirage très précoce : on y voit de très fins détails anatomiques (grains de peau, ridules, traces de pilosité…). Mais ce sont les très nombreux défauts, les traces d’un moule à 2 coques, la technique visiblement moins bien maîtrisée et le plâtre, moins pur, mal cristallisé, de moindre bonne qualité que les autres qui corroborent le mieux ce que l’on sait de l’histoire de la prise de l’empreinte mortuaire. Pourtant une analyse comparée des composants de la matière première mise en œuvre avec celle prélevée sur l’Ile de Sainte Hélène met en lumière des différences majeures interdisant encore de conclure définitivement.
Pilote C2RMF : Anne-Solenn Le Hô et Anne Bouquillon, département Recherche, groupe Peinture et Objets
Conservateur responsable : Émilie Robbe
Lieu de conservation : Musée national de la maison de Bonaparte (Ajaccio)