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Photographie après restauration, détail supérieur © C2RMF Frédéric Bourda

Etude et restauration d’un groupe sculpté gallo-romain en grès du Musée Bargoin de Clermont-Ferrand

Jupiter à l’anguipède découvert en Auvergne en 1849 | Publié le 26/03/2025  

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Ce groupe sculpté d'assez grandes dimensions (h. : 142cm, l. : 132cm, ép. : 45cm), acheté finalement par le musée en 2018 après de multiples tentatives d'acquisition, présentait un état de surface chaotique et un état structurel précaire, en raison des restaurations et des soclages des XIXème et XXème siècles. Le musée a donc décidé de solliciter le C2RMF en 2022 afin d'être accompagné dans son étude et sa restauration. Un comité de suivi a été constitué afin de valider les principales étapes des opérations. Ce groupe (fin IIème, début IIIème siècle ap. J.-C.) est un exemplaire de la série des Jupiter à l'anguipède qui n'existent qu'en Gaule et Germanie et qui sont datés de la fin du IIème au IVème siècle après Jésus-Christ. Il représente un Jupiter cavalier, le bras droit levé (tenant sans doute un foudre) et le bras gauche tenant les rênes, sur un cheval cabré dont les jambes avant sont soutenues par un monstre anguipède, c'est-à-dire un personnage nu au visage grimaçant ayant ses jambes terminées en corps de serpents. Il a été découvert en de nombreux fragments en 1849 par un agriculteur, lors d’une plantation de vigne, sur la commune d'Égliseneuve-près-Billom. On peut supposer qu'il était placé dans l’antiquité au sommet d'une colonne à Jupiter, comme la plupart des autres exemplaires connus et devait être un symbole religieux et topographique lié à l'existence d'une villa gallo-romaine. Un dossier documentaire a pu être réuni de manière exceptionnelle (les découvertes archéologiques étant malheureusement très peu documentées en général) sur son histoire, de 1849 à nos jours, rassemblant des articles (notamment de sociétés savantes), des notes, des lettres manuscrites et des documents iconographiques (dessins, gravures, photographies). Il semble être resté dans une grange, au sein de la même famille, jusque dans les années 1960, avoir subi ensuite un accident, avoir été vendu en 1962 à un antiquaire puis avoir été démonté et remonté avec une nouvelle base en pierre et une nouvelle tige centrale dans ces mêmes années.

Relevé d’étude préalable
Relevé d’étude préalable © C2RMF Nathalie Bruhière

L'étude préalable de 2023 a montré que le groupe était encrassé, que le dernier remontage présentait des imprécisions dans les collages et des erreurs dans les assemblages, que le soclage n'assurait plus la stabilité de l'ensemble, que certains goujons en alliage ferreux étaient corrodés et risquaient de faire éclater la pierre. Des essais de nettoyage ont été effectués ainsi que deux démontages pour vérifier la faisabilité technique d’un démontage complet.

Photographie après restauration, C2RMFFrédéricBourda
Photographie après restauration © C2RMF Frédéric Bourda

Il a donc été décidé d'entreprendre en 2024 une restauration fondamentale comprenant un démontage de tous les fragments, leur nettoyage par micro-abrasion, leur remontage (collages et collages-goujonnages), un comblement de tous les joints d'assemblage et leur retouche. Il faut souligner l’important travail de comblement des joints et de retouche qui a été mené… Les éléments de l'ancien support ont été démontés et un nouveau socle en métal peint a été réalisé sur mesure avec un support rectangulaire servant de base, un soutien sous l'anguipède, un poteau central en berceau afin d'assurer un soutien optimal et esthétique de la statue et afin de présenter deux fragments non rattachés à la sculpture, le pied droit de Jupiter et la tête de serpent terminant la jambe gauche de l'anguipède. L'avant-bras droit de Jupiter ainsi que le postérieur gauche du cheval avaient été refaits en plâtre lors de la dernière restauration. Il a été décidé de ne pas les restituer car l'iconographie du groupe nous a semblé suffisamment claire.

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