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Henri Rousseau : étude matérielle d’un large corpus de peintures en prévision de l'exposition 2026 au musée de l'Orangerie

Publié le 19/11/2025


Dates du programme : 2025 | 1 an


Résumé

Le musée de l’Orangerie, en collaboration avec la Fondation Barnes (Philadelphie, Etats-Unis), organise une exposition en deux étapes sur Henri Rousseau (1844-1910). Le volet de l’exposition au musée de l’Orangerie, Henri Rousseau, l’ambition de la peinture, se tiendra du 25 mars au 20 juillet 2026.

Dans le cadre de cette exposition, le C2RMF a réalisé une étude matérielle sur un vaste ensemble de 19 œuvres des collections françaises conservées pour 11 d’entre elles au musée de l’Orangerie. Comme la plupart des œuvres avait fait l’objet d’un dossier d’imagerie et d’une radiographie au C2RMF dans les années 1980, une stratégie analytique à trois niveaux d’approfondissement a été mise en place afin de pallier aux problèmes d’indisponibilité des œuvres et d’en limiter le déplacement.

  • Sept œuvres ont ainsi été étudiés sur la base de l’existant disponible au C2RMF, en particulier la radiographie pour l’étude du support et les éventuels échantillons prélevés dans les années 1980, ce qui a permis d’incorporer cinq œuvres du musée Picasso et du musée international d’art naïf Anatole Jakovsky, ainsi que deux œuvres du musée d’Orsay indisponibles.
  • Pour sept autres œuvres, une campagne in situ au musée de l’Orangerie a été spécialement organisée sur une semaine pour compléter les données existantes : la mission a permis l’examen des œuvres, l’acquisition de la réflectographie infrarouge pour l’étude des tracés carbonés sous-jacents et des analyses par pointés de fluorescence X menés en collaboration avec les collègues du Centre de Recherche sur la Conservation (CRC) pour caractériser la palette de pigments.
  • Une petite sélection de cinq œuvres des collections du musée de l’Orangerie et du musée d’Orsay, dont des œuvres majeures telles que La Noce et Le Portrait de Madame M., sont venues au laboratoire pour une étude détaillée, avec l’accès à tout l’équipement et les techniques nécessaires, en particulier pour la réalisation d’un examen microscopique de l’œuvre à la loupe binoculaire et de cartographies de fluorescence X pour investiguer la distribution des pigments sur de larges zones de l’œuvre.

Cette recherche s’est focalisée plus spécifiquement sur les supports des œuvres, leur préparation, les modifications en cours d’exécution et la palette de pigments. Le recours à une mission in situ a permis d'élargir significativement le corpus d'étude, tout en limitant le déplacement des œuvres. Ce travail a permis par exemple de réviser la date d'un diptyque de deux portraits sur bois, toute nouvelle acquisition du musée de l'Orangerie, ou bien de tisser des liens entre certaines toiles de l'artiste. L'étude a également offert un nouvel éclairage sur les pratiques du peintre et le type de modifications qu'il pouvait opérer en cours d'exécution de l'œuvre.

Ce travail fait écho à celui de la Fondation Barnes qui a réalisé une étude similaire sur les 18 peintures de ses collections, publiée dans le catalogue d’exposition américain. L’apport de l’investigation des collections françaises sera présenté dans le catalogue de l’exposition au musée de l’Orangerie dans un essai qui y sera consacré. Ces deux études complémentaires menées sur près de quarante d’œuvres constituent la recherche matérielle la plus vaste menée à ce jour sur des œuvres d’Henri Rousseau.

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