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© C2RMF - Anne Maigret et Philippe Salinson

La Parque et l'Amour de Gustave Doré au musée d'Orsay : regards scientifiques sur un plâtre monumental

Publié le 29/05/2026

Grand plâtre exceptionnel de 2,3 mètres de haut, La Parque et l’Amour marque le premier accomplissement de Gustave Doré dans le domaine de la sculpture. Artiste déjà reconnu , notamment comme dessinateur, illustrateur et caricaturiste, Gustave Doré s’est également essayé à la peinture puis la sculpture. Présentée au Salon de 1877, cette œuvre ambitieuse et étonnante est la première  sculpture exposée par l’artiste,  qui renouvelle ici le thème classique du lien entre l’amour et la mort. La critique fut frappée par cette nouvelle facette de son talent. L’œuvre fut ensuite présentée en Angleterre, et donna lieu à des réductions en terre cuite et en bronze, dont on connaît des exemplaires conservés au musée d’art moderne et contemporain de Strasbourg, au musée du monastère royal de Brou, à Bourg-en-Bresse, et au musée des Beaux-Arts du Canada, à Ottawa.

Ce grand plâtre original a été récemment acquis par le musée d’Orsay.

Dans la perspective de sa future présentation en salle après restauration, La Parque et l’Amour fait actuellement l’objet d’une vaste étude scientifique associant le département recherche du C2RMF et le musée. Une première phase, menée dans les réserves du musée en 2025, a consisté en une importante campagne d’imagerie photographique pour étudier la mise en couleur du platre et la patine imitant le bronze qui le recouvre. Cette étape s’est accompagnée de micro-prélèvements ciblés de la patine, en concertation étroite entre scientifiques, restauratrices et conservateur en charge de l’oeuvre, afin d’en analyser la composition chimique à base de cuivre, les techniques de mise en oeuvre et les effets chromatiques.

Opération au musée, déroulé de la campagne d’imagerie © C2RMF - Anne-Solenn Le Hô

L’étude s’est poursuivie cette année par une campagne radiographique réalisée de nuit au musée, dans le respect d’un protocole de sécurité renforcé et d’un plan de prévention strict. Cette opération a mobilisé l’ensemble des directions impliquées : architecture-sécurité, conservation et collections, recherche, sous le contrôle d’un conseiller en radioprotection, ainsi que la société LP ART, pour les manipulations de l’œuvre. L’objectif de cette étude est d’examiner la structure interne du platre afin de mieux comprendre ses modalités de fabrication et sa possible utlisation comme modèle pour une réduction au pantographe.

© C2RMF - Anne-Solenn Le Hô

Opération au musée, déroulé de la campagne d’imagerie © C2RMF - Anne-Solenn Le Hô

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