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Médailler de Louis XVI à Versailles, avant intervention © C2RMF/ Michel Bourguet

L’étude et la restauration de deux exceptionnels meubles enrichis de plaques de cire datant de la fin du XVIIIe siècle

Cabinet-Médailler de Louis XVI et guéridon réalisés par Guillaume Benneman et Jean-Jacques Hettlinger à la manufacture de Sèvres   Publié le 30/09/2024

Le C2RMF a mené une étude technique exhaustive des matériaux constituant ce mobilier. En effet, ces deux meubles en chêne plaqués d’acajou, sont ornés de plaques en cire sous verre, dans lesquelles sont présentées des ailes de papillons, des plumes d’oiseaux, des insectes et des plantes. L’ensemble est orné de bronzes dorés.


Cabinet-médailler de Louis XVI  (château de Versailles)Guéridon (Villa Ephrussi de Rothschild), avant 1789.
Ebéniste : Guillaume Benneman( 1748-1811)
Bronzier : Pierre-Philippe Thomire (1751-1843)
Panneaux en cire : Jean-Jacques Hettlinger (1734-1803)
 

Les plaques en cire sous verre


Le C2RMF a  été sollicité pour l’étude et la restauration des ces meubles car, le médailler présentait un blanchiment des plaques de cires qui en rendait la lecture difficile et qui laissait à craindre une détérioration du matériau organique. Après démontage et analyse de la cire il s’avère que le voile blanc est un élément gras qui avait été posé sur la plaque de verre au moment de la réalisation. Ce voile blanc se situe précisément là où la cire n’est plus solidaire de la plaque en verre. C’est probablement la présence d’humidité qui a transformé ce corps gras d’origine animale ou végétale. Suite à un nettoyage de la plaque de verre, on retrouve une bonne lecture du décor.

La cire : altération de la structure


Les plaques en cire, de faible épaisseur (autour de 0,1cm), présentent des craquelures, des fissures, des cassures et même parfois sont légèrement fondues comme on peut le voir sur deux d’entre-elles situées sur le guéridon. Ces dégradations proviennent d’anciennes manipulations malheureuses ainsi que de conditions de conservation non adaptées. En effet, la cire d’abeille qui constitue le corps de ces plaques, fond dès 25 degrés.

 

Les plaques de cire et leur décor


Les décors représentent des insectes et des oiseaux sur fond de végétaux. Ils sont réalisés à partir de véritables insectes comme des papillons alors que des plumes coupées servent à reconstituer des oiseaux miniatures. L’étude tente de comprendre comment ces éléments sont mis en œuvre sur les plaques. La cire, dans laquelle il y des bulles a certainement été coulée en plusieurs fois. Des essais  ont été réalisés afin de mieux appréhender le processus créatif et les difficultés rencontrées lors de la création. Une autre question qui se pose est l’identification des espèces d’oiseaux représentées et la provenance des plumes. Et enfin, des inclusions de papier coloré et peint de motifs permettent de rendre toute la finesse du dessin des pattes d’oiseaux et notamment de celles du grand échassier du guéridon.


La restauration des deux meubles est en cours et devrait s’achever fin octobre pour le guéridon et en début d’année prochaine pour le cabinet-médailler de Louis XVI.
 

Médailler de Louis XVI à Versailles, avant intervention © C2RMF/ Michel Bourguet