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Un modillon du musée Labenche de Brive-la-Gaillarde analysé au C2RMF

Un nouvel objet dans les salles du musée Labenche

Un modillon du musée Labenche de Brive-la-Gaillarde analysé au C2RMF

Un modillon du musée Labenche de Brive-la-Gaillarde analysé au C2RMF

Publié le 03 Juin 2015
Ce modillon représentant une tête d'homme fortement stylisée a été découvert fortuitement en 2011 dans les réserves du musée de Brive-la-Gaillarde. Afin d'approfondir les connaissances sur cet objet, recouvert d'une épaisse couche sombre craquelée difficile à interpréter, et avant d'entreprendre la restauration, la musée a fait appel au C2RMF pour analyser cet objet.

 

Ce modillon représentant une tête d'homme fortement stylisée a été découvert fortuitement en 2011 dans les réserves du musée de Brive-la-Gaillarde. Afin d'approfondir les connaissances sur cet objet, recouvert d'une épaisse couche sombre craquelée difficile à interpréter, et avant d'entreprendre la restauration, le musée a fait appel au C2RMF pour analyser cet objet.

 

Étude de la polychromie

 

La polychromie est étudiée à l'aide de micro prélèvements réalisés sur l'oeuvre après une étude minutieuse des couches de surface.

Les coupes stratigraphiques obtenues grâce à ces prélèvements ont été observées au microscope optique en lumière naturelle puis analysées au microscope électronique à balayage couplé à un détecteur de rayons X par dispersion d'énergie (MEB-EDS) ; les coupes ont aussi été soumises à des tests microchimiques.

Ces analyses ont révélé un nombre important de couches de polychromie (environ 30), qui peuvent être réparties en 4 niveaux, chacun renfermant plusieurs interventions pouvant être multicouches :

 

 

  • (1) : les couches profondes sont ocrées, elles sont constituées de carbonate de calcium et d’une terre. Il s'agit vraisemblablement de badigeons de chaux.
     
  • (2) : le second niveau marque un changement dans la mise en œuvre avec l’utilisation de la couche picturale, qui est constituée de couches à base de blanc de plomb coloré par une terre.
     
  • (3) : dans le troisième niveau, les couches picturales passent de l’ocré au blanc. L’utilisation de blanc de zinc dans ces couches situe leur exécution après la fin du XVIIIe siècle, date d’apparition de ce pigment.
     
  • (4) : le dernier niveau correspond au dépôt de produits de combustion d’un feu s’étant déclaré avant la dépose de la sculpture, la partie encastrée dans le mur étant intacte.

 

 

 

Des découvertes archivistiques

 

Alors que les analyses étaient en cours au C2RMF, des recherches archivistiques conduites au musée ont permis de rapprocher ce modillon de deux autres éléments d'architecture déjà présentés dans les salles du musée. Ces recherches ont aussi pu établir que ces trois éléments décoraient une cheminée dans la maison dite des "chanoines" de Brive-la-Gaillarde. Des photos d'archives indiquent l'emplacement où se trouvaient les trois modillons (http://www.culture.gouv.fr/documentation/memoire/HTML/IVR74/IA19000085/index.htm voir la page 28 et sq.)


Alors que les deux modillons présentés dans les salles ont été complètement décapés dans les années 1980, le musée a opté pour une intervention minimale sur ce modillon, préservant ainsi son histoire. La conservation de sa polychromie brûlée témoigne des aléas de l'existence de cet objet et de la maison dans laquelle il se trouvait.

Ce modillon est aujourd'hui exposé dans les salles Moyen Age du musée.
Pour plus d'informations sur le musée, voir ici.