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Face en lumière directe après restauration © C2RMF - Thomas Clot

COURBET Gustave (1819-1877), Portrait de Paul Ansout, Dieppe, château-musée

Publié le 23/01/2025

Un portrait à secrets

Né à Dieppe en 1820, dans une famille de négociants-drapiers, Paul Ansout, alors qu’il poursuit des études de droit à Paris, demande à son ami Courbet de réaliser son portrait. L’œuvre, conservée par le modèle jusqu’à sa mort en 1894, puis donnée en 1910 au musée de Dieppe par sa cousine, est signée en bas à dextre par incision dans la matière. La radiographie a révélé la présence d’une ébauche, un visage de face inversé par rapport au sujet final : une pratique récurrente chez le peintre.

Avant restauration, on relevait plusieurs types d’altérations : présence d’usures, d’abrasions et d’un lithargeage dû à la présence de plomb dans sa préparation faisant apparaître des petits points blancs sur la couche picturale. Par ailleurs, l’image en lumière rasante a confirmé l’irrégularité de la surface, due à la mauvaise mise en œuvre du rentoilage de 1948, et caractérisée par la présence de nodules et de zones de décollement des deux toiles du fait d’une inégale répartition de l’adhésif. Dans un premier temps, le nettoyage a consisté à retirer le vernis irrégulier jaunâtre et les repeints discordants masquant des accidents et des zones d’usures en particulier dans les cheveux et dans la table.

La reprise du rentoilage a permis de découvrir sur la toile originale le tampon du fournisseur Duriez, situé, à l’époque, au 53, rue Monsieur le Prince, proche du domicile de Courbet.

La phase de réintégration a consisté en la reprise des lacunes par un traitement illusionniste et par un repiquage et pose de glacis pour les usures et les abrasions. Le portrait a alors retrouvé la profondeur des plans et le chromatisme avec des effets d’ombre et de lumière qui étaient assourdis.

Détail en lumière directe, revers de la toile originale : marque du fournisseur Duriez © Luc Hurter

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