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Etude des dessins de Raphaël

L’apport du C2RMF dans l’étude de dessins de Raphaël appartenant au Palais des Beaux-Arts de Lille Octobre 2024

Cinq feuilles de Raphaël dessinées au recto comme au verso, soit dix dessins, ont été analysées au C2RMF. L’objectif de ces analyses était non seulement d’identifier les matériaux graphiques utilisés, mais surtout de révéler et de cartographier tout un réseau de tracés incolores formant de légères incisions dans le papier. 

Relevé des tracés incolores (bleu), arcs de cercles (violet) et trous (rouge) observables en lumière rasante. Relevé de la mise au carreau (noir) à partir de la photographie visible et limite de la cartographie de spectroscopie de rayons X (vert)
Relevé des tracés incolores (bleu), arcs de cercles (violet) et trous (rouge) observables en lumière rasante. Relevé de la mise au carreau (noir) à partir de la photographie visible et limite de la cartographie de spectroscopie de rayons X (vert) © C2RMF, L. Clivet et K. Laclavetine

La présence de ces tracés à la visibilité réduite avait été remarquée par les spécialistes des dessins de l’Urbinate, principalement germaniques, au début du XXe siècle. En 1983, le Laboratoire de recherche des musées de France, ancêtre du C2RMF, avait déjà étudié trois dessins de ce fonds. En 2023, l’étude s’est enrichie grâce à l’utilisation d’un plus grand nombre d’instruments et de techniques d’analyse. La méthodologie se compose d’imagerie scientifique, de techniques spectroscopiques utilisant différents rayonnements - X, ultraviolet, visible et infrarouge - sans risques pour les œuvres et sans nécessité de prélèvement. Plus particulièrement, de multiples photographies en lumières rasantes (jusqu’à 36 par dessins) ont été réalisées offrant la vision la plus précise possible du réseau de tracés incolores.

D’autre part, la cartographie de spectroscopie de fluorescence de rayons d’une partie du dessin préparatoire à la la Pala Baronci a révélé qu’à l’origine Raphaël avait, en fait, dessiné les traits composant l’une des figures à l’aide d’une pointe de plomb, et non comme on le croyait d’un stylet achrome, qu’il a par la suite effacés probablement avec de la mie de pain, avant de reprendre le tracé à la pierre noire. Cette découverte remet de ce fait en cause des certitudes qui étaient le fruit d’un simple examen visuel. 

L’apport analytique fourni par le C2RMF a ainsi permis de mieux comprendre le travail graphique de Raphaël en rétablissant le fil des opérations menées par le dessinateur pour étudier les formes de ses figures.
Cet apport résulte in fine de recherches interdisciplinaires entre les sciences analytiques et les sciences humaines, plus précisément l’histoire de l’art ; recherches qui ont rendu possible une lecture matérielle et processuelle des actes graphiques.

Liste des focus

Les tracés incolores de Raphaël