rogné BEJ7890.jpg
Voir toutes les actualités

Le Caravage de Rouen - Étude d'oeuvre

Chef d’œuvre redécouvert : La Flagellation du Christ est confiée au laboratoire du C2RMF par le Musée des Beaux-Arts de Rouen

Publié le 26/10/2022

Caravage, La Flagellation du Christ, 1606, (musée des Beaux-Arts de Rouen, INV 955.8.1), © Bellec Jean-Louis/ C2RMF
Caravage, La Flagellation du Christ, 1606, (musée des Beaux-Arts de Rouen, INV 955.8.1),

En 2017, le tableau La Flagellation du Christ est confiée au laboratoire du C2RMF par le Musée des Beaux-Arts de Rouen pour une étude scientifique qui a permis d’importantes découvertes sur ce chef d'œuvre du Caravage. Les secrets de la mise en œuvre de la toile se sont en effet révélées grâce aux techniques d’imagerie scientifique utilisées par le centre.

Avant tout, les différentes analyses réalisées ont permis de découvrir une composition sous-jacente : un Caravage sous le Caravage. Celle-ci est révélée par l’image de répartition du plomb sous spectrométrie de fluorescence X. 

La composition sous-jacente est placé tête-bêche par rapport à la composition actuelle et représente un personnage, dans l’angle inférieur gauche. Celui-ci a retroussé ses manches et tient couteau dans la main droite pour découper un objet, peut-être un quartier de viande. Les détails du vêtement ouvert et de la collerette se retrouvent dans d’autres œuvres autographes, et permettent d’affirmer que ce tableau est de la main du maître. Le peintre a abandonné cette première composition et réutilisé la toile pour peindre La Flagellation du Christ.

Repérage des lignes incisées © C2RMF
Repérage des lignes incisées

Par ailleurs, les analyses effectuées ont permis d’en apprendre plus sur la technique du peintre, et ce à de nombreux égards :

  • La photographie de l’œuvre en lumière rasante a rendu visible de nombreuses incisions qui témoignent de la technique de travail d’après modèle vivant mise en place par le peintre : ces entailles réalisées en cours d’exécution servaient de repères de placement pour les modèles, d’une séance de pose à l’autre.

 

  • L’analyse d’un prélèvement de l’œuvre a quant à elle permise de mettre en évidence la stratigraphie de la peinture : le Caravage a appliqué plusieurs couches de préparation avant d’exécuter sa composition (du vermillon, pigment de couleur rouge vif, est posé à l’emplacement du manteau du Christ) et enfin il applique une fine épaisseur de vernis qui protège la couche picturale.
  • Toujours sur le travail des couleurs, l’image du cuivre sous fluorescence X montre que l’arrière-plan contient un pigment bleu ou vert appliqué en sous-couche et recouvert par une terre d’ombre foncée. Ce travail coloré des fonds donne de la profondeur au contraste de clair-obscur et intensifie l’effet dramatique de la scène.  
Image du cuivre (Cu), raie Ka, spéctrométrie de fluorescence X en 2-D © C2RMF
Image du cuivre (Cu), raie Ka, spéctrométrie de fluorescence X en 2-D
  • La réflectographie infrarouge a révélé quelques traces de dessin sous-jacent ainsi qu’une particularité du travail en clair obscur du peintre, qui est parti du ton brun clair de la préparation pour modeler les teintes des chairs avec un ton plus clair et pour accentuer les ombres avec des glacis sombres. L’étude scientifique a également permis de révéler quelques « repentirs », c’est-à-dire des modifications réalisées en cours d’exécution du tableau. Pour la tête du bourreau, la radiographie a montré que Caravage avait d’abord peint un visage aux traits plus réguliers, qu’il a transformé en cours d’exécution. De plus, l’image du fer par fluorescence X montre que ce bourreau était initialement tête nue, avant d’être couverte d’un chapeau.

 

  • Enfin, l’analyse radiographique suggère que le tableau a été découpé après son exécution, car les marques de châssis indiquent que des parties de toiles manquent sur trois côtés.
Information : réduction des activités sur le site de Versailles
De juin 2022 jusqu’à fin 2025
Peinture / Polychromie
Portrait d’Anne de Clèves - Restauration

Publié le 29/05/2024