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Restauration du bureau à gradin de l'électeur de Bavière

Dans la suite de la campagne de restauration des meubles "Boulle"

Restauration du bureau à gradin de l'électeur de Bavière

Restauration du bureau à gradin de l'électeur de Bavière

Publié le 24 Juillet 2017
Bureau à gradin de Maximilien-Emmanuel, électeur de Bavière, attribué à Bernard I Van Riesen Burgh, ébéniste, Sébastien Slodtz, sculpteur, Jacques Gosselin, horloger (vers 1715, musée du Louvre, D.O.A., inv. n° OA 9538)

Grâce à l’expertise acquise pendant la campagne de restauration de meubles en marqueterie « Boulle » (pour plus d’informations, voir ici), l’atelier de restauration ébénisterie du C2RMF a été sollicité pour restaurer le bureau à gradin de l’électeur de Bavière.

 

Ce bureau à large tiroir est surmonté d’un gradin – composé d’une niche centrale et de tiroirs latéraux – et d’un cartel. Comme les autres meubles « Boulle », le bureau est composé de divers matériaux nécessitant une intervention ciblée pour chacun : support de chêne, placage d’ébène, marqueterie d’écaille de tortue et de laiton, ornements en bronze doré et médaillons d’émail.

Le placage de laiton et d’écaille de tortue du bureau était endommagé par de nombreux soulèvements, vraisemblablement dus aux conditions de conservation (cf. image ci-contre). Certains éléments soulevés ont été déposés pour permettre le retrait partiel de l’ancienne colle. Pour assurer une fixation homogène des éléments, les différentes parties du bureau ont été introduites dans une poche sous vide pour faciliter l’infiltration de la colle de poisson et tenter de régénérer les colles cristallisées situées sous les éléments restés en place.

Pour les parties courbes des pieds et du cartel, des sacs de sable ont été utilisés pour serrer chaque face, afin que les éléments refixés épousent correctement les galbes.

 

 

Les fissures du placage d’ébène (cf. ci-contre) ont été stabilisées par injection de colle diluée avec de l’eau déminéralisée, puis comblées avec une cire résine noire.
Les éléments de laiton ont été désoxydés par gel de colle ou de Permulen® (cf. Techné 38, p. 101-103).

Certaines lacunes de laiton ont été refaites (cartel, panneau de la niche, fleuron du plateau) : des éléments de laiton ont été découpés selon les poncifs relevés ; l’inscription « C2RMF » a été gravée au revers pour identifier la restauration.

Lors de la restauration, différents éléments démontés ou déposés ont permis une étude xylo-dendrochronologique par des prestataires indépendants. Une soixantaine de pièces, qui présentaient le nombre de cernes suffisant, permettent de placer la phase d’abattage des chênes entre 1702 et 1720, ce qui confirme que tous les éléments sont contemporains.

 

 

Lors de sa dernière restauration en 1952, de nombreuses lacunes avaient été comblées avec de la gomme-laque. Ces comblements ont été retirés et remplacés par une cire résine teintée, plus stable dans le temps. Enfin, une couche de vernis « Roubo » (voir l'article) et une couche de cire microcristalline ont été appliquées sur l’ensemble du meuble pour limiter la reprise de corrosion des laitons et harmoniser l’ensemble.

Les bronzes et les médaillons en émail, traités par des restaurateurs indépendants, ont ensuite pu être refixés.

Le bureau restauré est à nouveau visible dans les salles consacrées au XVIIIème siècle du musée du Louvre.