La restauration des deux portraits : une opération réussie
François-Hubert Drouais et Jean-Baptiste Greuze étant considérés comme deux artistes majeurs du XVIIIe siècle, Le Portrait du prince de Saxe-Cobourg-Gotha et le Portrait de Madame du Barry en Flore sont deux œuvres majeures du Musée des Beaux-Arts d’Agen.
Le C2RMF a donc accompagné la restauration et a veillé à ce que l’ensemble des opérations de conservation-restauration réalisés sur les deux tableaux respectent les principes de la déontologie des restaurateurs : lisibilité, retraitabilité et stabilité.
Les objets
Peinture
Le Portrait du prince de Saxe-Cobourg-Gotha
Avant restauration, l’étude préalable et le dossier d’imagerie scientifique ont montré que le Portrait du prince de Saxe-Cobourg-Gotha présentait un réseau de craquelures important ainsi qu’un affaissement de la toile (fig 1 et fig 2). Des restaurations anciennes avec des repeints débordants et des vernis de protection oxydés étaient également visibles. S’ajoutaient à cela des soulèvements de la couche picturale, des lacunes ponctuelles et un encrassement généralisé. De manière générale, l’état de conservation de l’œuvre était peu satisfaisant et nécessitait une restauration. Dans un premier temps, la couche picturale a été restaurée. L’intervention a d’abord porté sur le décrassage de la couche picturale après tests et sur l’enlèvement des repeints. Un masticage des lacunes, un vernissage et une réintégration picturale illusionniste ont ensuite été réalisées (fig 3). Dans un second temps, le support a été traité. On observait, avant restauration, une forte oxydation des fibres de la toile, une tension moyenne, des déformations du support et des bords dégradés. Il a donc fallu déposer le châssis après mise en place d’une protection généralisée puis d’un cartonnage visant à reprendre les déformations du support. L’équipe de restauration a ensuite procédé au dépoussiérage, au décrassage du revers de la toile puis au refixage de la couche picturale par le revers, afin de rétablir l’adhérence. Les accidents de la toile ont été repris, les bords consolidés et des bandes de tension posées. Enfin, une protection arrière rigide avec calage en mousse antivibratoire a été ajoutée (fig 4 et fig 5). Le cadre en bois avec Marie-Louise en ovale, daté du XIXe, souffrait de fragilités au niveau des assemblages, de manques au niveau des moulures et d’encrassement. Il a donc été consolidé, dépoussiéré et nettoyé. Les repeints ont été retirés et les lacunes comblées. Le travail s’est conclu par une retouche de la dorure, un aménagement de la feuillure et par la mise en place d’un système de fixation (fig 6). Légendes : Figure 1: portrait avant restauration ©C2RMF/Philippe Salinson Figure 2: image sous lumière rasante rendant visible un réseau de craquelures ©C2RMF/Philippe Salinson Figure 3: portrait en cours de restauration ©C2RMF/Thomas Clot Figure 4: image du support et cadre avant restauration ©C2RMF/Philippe Salinson Figure 5: image du support et du cadre après restauration ©C2RMF/Thomas Clot Figure 6: portrait après restauration et ré-encadrement ©C2RMF/Thomas Clot
Peinture
Le Portrait de Madame du Barry en Flore
Avant sa restauration (fig 1), le Portrait de Madame de Barry en Flore souffrait d’un gauchissement du châssis lié à un rentoilage. L’étude préalable et le dossier d’imagerie scientifique ont en outre montré que la couche picturale présentait un réseau de craquelures d’âge très marqué avec une fragilité généralisée et une problématique d’adhérence (soulèvement d’écailles) (fig 2). De nombreux repeints « débordants » étaient également visibles (fig 3). Enfin, le vernis était oxydé et avait donc jauni. La restauration de son support étant nécessaire, le tableau a été déposé. Un cartonnage a ensuite été mis en place puis l’ancien rentoilage a été démonté. Après refixage de la peinture et rentoilage sur un nouveau châssis, l’œuvre a été mise en tension et protégée au revers grâce à des sangles de préhension visant à faciliter la manipulation. La restauration de la couche picturale, quant à elle, a débuté avec le nettoyage de l’œuvre, le retrait des repeints et le vernissage de la couche picturale. Elle s’est ensuite poursuivie par le masticage des lacunes, la réintégration picturale et enfin par le vernissage final (fig 4). Le Portrait de Madame du Barry en Flore a conservé son cadre d’origine en chêne sculpté, daté du premier quart du XVIIIe siècle. Celui-ci souffrait de fragilités au niveau des assemblages, ses ornements étaient également lacunaires et encrassés. Des opérations de consolidation, de dépoussiérage et de nettoyage ont donc été réalisées, ainsi qu’une reprise des lacunes et de la dorure. Légendes : Figure 1: portrait avant restauration ©C2RMF/Philippe Salinson Figure 2: image du portrait sous lumière rasante rendant visible un réseau de craquelures ©C2RMF/Philippe Salinson Figure 3: image du portrait sous fluorescence d’ultraviolets mettant en évidence les repeints (en noir) ©C2RMF/Philippe Salinson Figure 4: portrait après restauration ©C2RMF/Thomas Clot