Prélèvements Vierge Romane, Puy-en-Velay © C2RMF - Vanessa Fournier

Groupe Organique-Datation

Présentation

Le groupe Organique-Datation du C2RMF réunit des compétences analytiques et des expertises matérielles complémentaires appliquées à l’étude des matériaux patrimoniaux, de leur mise en œuvre et de leur chronologie. À travers ses activités de service auprès des musées de France et ses projets de recherche fondamentale, il contribue à la connaissance, à la conservation et à la valorisation des objets de musées ainsi que des collections archéologiques.

Les activités du groupe s’articulent autour de deux axes principaux et complémentaires.

Bande datation
© @C2RMF Antoine Merlet

La datation des matériaux

Le premier axe concerne la datation des matériaux, selon trois approches :

  • la datation radiocarbone (¹⁴C) des matières organiques (bois, textiles, papiers, restes osseux et dentaires, charbons et liants résiniques),
  • la datation par luminescence (TL et OSL) des matériaux chauffés, notamment les céramiques et terres cuites,
  • l’archéodendrométrie (anatomie, datation absolue, provenance, morphologie, tracéologie) appliquée aux œuvres d’art, objets et structures à support bois, qu’ils soient archéologiques, historiques ou relevant des arts décoratifs.

L'étude chimique des matériaux organiques

Le second axe porte sur l’étude chimique, à l’échelle moléculaire, de matériaux organiques naturels, semi-synthétiques et synthétiques ainsi que d’archéo-résidus présentant différents degrés d’altération, au moyen de méthodes de caractérisation structurale (IRTF et CG/SM). Ces substances sont présentes sous la forme :

  • de liants, vernis, encollages, adhésifs, badigeons, patines, bouchages ou encore imperméabilisants originaux ou de restauration, retrouvés sur des objets de musées de toutes typologies et périodes historiques,
  • d’archéo-résidus alimentaires mis en évidence lors de fouilles archéologiques grâce, notamment, à des phénomènes de préservation par complexation organo-métallique ou minéralisation.

La complémentarité de ces approches renforce la portée des résultats obtenus : la caractérisation chimique des matériaux contribue à la fiabilité des datations, tandis que les contraintes chronologiques éclairent l’interprétation des résultats analytiques.

© C2RMF - Agnès Lattuati-Derieux

Les sept scientifiques du groupe interviennent dans des contextes variés : études matérielles d’objets de musées, expertises en vue d’acquisition et problématiques d’authentification, ou encore chantiers de fouilles archéologiques. Ils participent activement à des programmes de recherche nationaux et internationaux, en collaboration avec des institutions patrimoniales, des laboratoires académiques et des plateformes analytiques. Le groupe joue également un rôle important dans la formation et la diffusion des connaissances, à travers l’encadrement de stagiaires, doctorants et post-doctorants, la publication de travaux scientifiques ainsi que la participation à des colloques, à des programmes d’enseignement et à des événements destinés à tous les publics.

En savoir plus

Les matériaux organiques

Les matériaux organiques patrimoniaux couvrent une large gamme de substances organiques naturelles (e.g. corps gras, cires, huiles, résines terpéniques, gommes polysaccharidiques, substances protéiniques et diverses substances hydrogénocarbonées de types bitume, brais et poix), semi-synthétiques (e.g. nitrate et acétate de cellulose) et synthétiques (i.e. les plastiques au sens large). En contexte muséal, ces matériaux originaux ou de restauration plus ou moins altérés sont retrouvés sur des objets de toutes les typologies et toutes les périodes historiques notamment en qualités de liants, vernis, encollages, colles, adhésifs, badigeons, patines, bouchages et imperméabilisants. En contexte archéologique, les analyses de substances organiques s’emploient à re-contextualiser les objets en identifiant les résidus alimentaires présents à l’état de traces.

La caractérisation des matériaux organiques nécessite de réaliser des micro-prélèvements et repose très largement sur l’utilisation de techniques spectroscopiques (FTIR et microscopie-IR) et séparatives couplées à divers détecteurs (GC/FID, GC/MS simple quadripôle, pyrolyse-GC-MS, Maldi-Tof, HPLC-MS/MS).

Les études conduites ont permis de développer, au fil des années, une expertise transversale pour l’identification de ces matériaux bénéficiant à l’ensemble des acteurs des sciences du patrimoine. En parallèle, le groupe est fortement impliqué dans des recherches doctorales et post-doctorales ainsi que dans des projets de recherches (inter)nationaux (e.g. fouilles de Lavau (Drac Grand Est, France) et de Byblos (DAO/Louvre, Liban), EquipEx + Espadon).

© C2RMF

Ces travaux contribuent à : 

  • étayer l’histoire matérielle des œuvres (caractérisation des matériaux constitutifs et des techniques/procédés de fabrication) pour leurs seules documentations ou de manière préalable à une intervention de restauration
  • mieux appréhender les processus d'altérations observés
  • évaluer les procédés et produits retenus pour un traitement de restauration
  • développer ou optimiser de nouvelles méthodologies analytiques
Carbone 14

L’équipe "carbone 14" assure toutes les demandes de datations par le carbone 14 émanant des musées de France ou autres institutions patrimoniales (DRAC, ArcNucleart, CICRP et autres services de restauration ...). Parallèlement, l’équipe met en place et participe à un certain nombre de projets de recherche en collaboration avec des équipes du C2RMF (recherche ou restauration) ou bien avec des institutions muséales ou des équipes de recherche.

Archéodendrométrie

L’unité d’archéodendrométrie dispose d’un atelier/laboratoire dans les locaux du C2RMF de la Petite Ecurie du Roi à Versailles. Elle est constituée d’un banc de mesures pour datation par dendrochronologie, d’un banc de préparation archéologique et de type menuiserie/ébénisterie, d’une petite station macro/micro-photographique et enfin, sur le site de Saint-Cyr, d’une biliathèque comportant une collection de bois historiques couvrant plus de deux millénaires. 

En 2018, la Direction Générale du Patrimoine a mis en place un Collège Expert chargé d’authentifier les proposés à l’acquisition pour le compte des collections publiques françaises.

Datation par luminescence

L’équipe traite des demandes ponctuelles de datation par luminescence pour les musées (souvent pour des proposés à l’acquisition), ainsi que des demandes pour des séries d’œuvres. 

Actualités du Groupe

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