Face à Face, Visière d’un cavalier romain
Article publié le 10/06/2022
En 2019, la filière Archéologie du département Restauration accueillait un objet exceptionnel : la « visière Montherlant », récemment acquise par le musée d’Archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye, avec le soutien de la fondation La Marck. Mise au jour en 1908 à Conflans-en-Jarnisy (Meurthe-et-Moselle), elle doit sa renommée à l’un de ses anciens propriétaires, l’écrivain français Henry de Montherlant (1895-1972).
Ce masque en forme de visage constituait la visière d’un casque gallo-romain. Arrien, auteur d’une Ars tactica vers 137 de notre ère, constitue la seule source antique mentionnant ces objets prestigieux : utilisés lors des entraînements de la cavalerie romaine, ils pouvaient être dorés, argentés et ornés de panaches.
De nombreux équipements du C2RMF ont été mis au service de l’étude de la visière. Une quinzaine de spécialistes du département Recherche et du département Restauration ont participé à cet ambitieux projet. Conçu comme une véritable enquête au cœur de la matière, il constitue le noyau de l’exposition « Face à face. Visière d’un cavalier romain » (musée d’Archéologie nationale - Domaine national de Saint-Germain-en-Laye, 22 janvier - 9 mai 2022).
L’étude s’est basée sur une imagerie scientifique de pointe. Des photographies sous rayonnement ultraviolet. ont révélé d’anciennes interventions effectuées sur la visière, tandis que des radiographies ont dévoilé l’incroyable décor de la coiffe. La visière a également bénéficié d’une photogrammétrie et d’une numérisation 3D, particulièrement utiles durant tout le processus de restauration.
L’Accélérateur Grand Louvre d’Analyses Élémentaires (AGLAE), seul équipement de ce type au monde exclusivement dédié au patrimoine, a été mobilisé pour l’étude archéométallurgique. Associé à des analyses de fluorescence X et de microscope électronique à balayage (MEB), il a permis d’identifier le métal utilisé pour la visière et ses altérations. La restauration, effectuée en partie au sein des ateliers du C2RMF, a été l’occasion de formuler de nombreuses hypothèses relatives à l’histoire matérielle de l’œuvre. Des analyses d’adhésifs ont précisé la chronologie relative des différentes interventions anciennes. Des tests de comblement virtuels sur modèle 3D ont été réalisés. Enfin, des essais de datation au Carbone 14 ont été menés.
Visualisation 3D de la visière :
Département Restauration
- Clara Bernard, conservatrice du patrimoine, chargée des antiquités grecques, étrusques et romaines, filière Archéologie
- Manuel Leroux, chef de travaux d’art, restaurateur de métaux archéologiques, filière Archéologie
Département Recherche
- Anne Maigret, photographe, groupe imagerie
- Elsa Lambert, radiologue, groupe imagerie
- Alexis Komenda, photographe, groupe imagerie
- Charlotte Hochart, ingénieur 3D, groupe imagerie
- Benoît Mille, responsable du groupe Objets / études métallurgiques
- Christel Doublet, ingénieur d’études, groupe Objets
- Éric Laval, ingénieur en charge de la cartographie et de l’analyse des éléments chimique en fluorescence X 2D, groupe Aglae+
- Agnès Lattuati-Derieux, responsable des analyses organiques, groupe organique
- Hitomi Fujii, ingénieur de recherche en chimie analytique, groupe organique
- Pascale Richardin, responsable du groupe Datation
Département Archives et documentation
- Cécile Binet, documentaliste en charge de l’Archéologie et de l’ethnologie
Restauratrice indépendante :
- Christine Pariselle
Musée d’Archéologie nationale :
- Hélène Chew, conservatrice honoraire chargée des collections de la Gaule Romaine, musée d’Archéologie nationale
- Sophie Féret, conservatrice du patrimoine, chargée des collections de la Gaule romaine, musée d’Archéologie nationale